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Catalogue des Puces

Jean-Pierre Laÿs (1827-1887) - Le Bien et le Mal

Disponibilité :

EN STOCK

Boutique:  Segoura Fine Art

Les bons et les mauvais fruits, 1871.

huile sur sa toile d’origine, 194 cm x 128 cm

Tableau signé en bas à droite et daté : « JP. Laÿs. 1871 »

Notre tableau témoigne de l’éclatante réussite artistique de Jean-Pierre Laÿs qui compte parmi les meilleurs représentants de l’école de peinture de fleurs lyonnaise. La persévérance de ce jeune berger d’un petit village de la Loire et son talent de dessinateur ont favorisé sa spectaculaire ascension sociale.

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Etiquette en bas sur la toile correspondant au numéro 313 de présentation de l’œuvre à l’exposition municipale des Beaux-Arts de Rouen, en 1876.
A l’encre au dos sur le châssis le titre de l’œuvre « le bien et le mal » et le lieu de domicile de l’artiste « Sainte Hélène, 41, à Lyon ».
La carrière de Jean-Pierre Laÿs est indissociable de celle de l’illustre peintre lyonnais Simon Saint-Jean. A l’âge de seize ans, il entre à son service comme valet. Il broie les couleurs, prépare les toiles du maître, s’occupe des fournitures de ses élèves, se charge des fleurs qui serviront de modèles. Le jeune homme reçoit pour ses services rendus une formation d’aquarelliste. Simon Saint-Jean est alors au fait de sa gloire. C’est à travers lui que s’engage un tournant décisif pour la peinture de fleurs jusqu’alors assujettie à l’activité industrielle du textile à Lyon. Les créations de Simon Saint-Jean se libèrent de l’emprise des arts appliqués en puisant dans l’héritage des peintres flamands spécialistes du genre (Jan van Huysum ou Gerard van Spaendonck) et en ravivant les représentations de reliefs en trompe l’œil entourées de guirlandes de fleurs. Jean-Pierre Laÿs poursuit cette ambition nouvelle : donner ses lettres de noblesse au genre de la peinture de fleurs sur chevalet.
La peinture de Jean-Pierre Laÿs regorge de rencontres symboliques entre des végétaux et de petits monuments en faveur d’une orientation morale du genre. Ses toiles retranscrivent sa vive piété à l’instar de notre tableau. Le Bien et le Mal sont représentés par des bons et des mauvais fruits pesés sur une balance à la tête de lion surmontant un tombeau. Le tableau évoque métaphoriquement le jugement des actions des croyants. Au somment, sur le fronton de l’urne mortuaire, l’inscription en lettres rouge sur un livre de pierre sculptée, opera illorum sequuntur illos, est tirée de l’Apocalypse de saint Jean (Chapitre 14, verset 13) qui promet aux croyants que leurs actions bénéfiques seront récompensées. Sur la paroi éclairée du tombeau se détache l’ange de la résurrection.
Parmi les bons fruits, on trouve les emblèmes eucharistiques : les raisins pour le vin et les épis de blé pour le pain. Symboles du sacrifice christique, ils sont peints à la place d’honneur parmi des grenats et des pêches à la peau veloutée. Du côté du plateau plus léger à gauche, chardons, pavots et bogues piquantes de châtaignes – fruits funéraires de la Toussaint – évoquent le Purgatoire.
Au sol, le serpent du mal vaincu se dérobe devant la puissance du Bien renforcée par la présence des fleurs de la vie éternelle et de l’espérance de la vertu que représentent les immortelles, les violettes et les primevères. Le dessin des végétaux et des fruits impeccables laisse entrevoir un long travail d’élaboration pour atteindre une telle intensité dramatique. La variété des couleurs employées témoigne du talent de coloriste de Jean-Pierre Laÿs.
Notre tableau est exposé, au moins à quatre reprises, en France et à l’étranger. D’abord à Lyon en 1872, où Alice Souchier dans son compte rendu de l’Exposition universelle et internationale admire cette « allégorie de peintre amoureux d’idéal ». L’année suivante, Le Bien et le Mal fait partie de la sélection officielle française des œuvres contemporaines présentées à l’Exposition universelle de Vienne en Autriche. Le tableau est ensuite accroché sur les cimaises du Salon parisien de peinture en 1874 où la participation de Jean-Pierre Laÿs est remarquée par le rédacteur en chef de la Gazette des Beaux-Arts, Louis Gonse. Le Bien et le Mal est alors considéré comme une œuvre « capitale » dans la carrière du peintre. La même année, il est présenté à l’exposition de la Société des Amis des Arts d’Avignon et à l’exposition municipale des Beaux-Arts de Rouen. Il est à noter qu’en 1876, la carrière de Jean-Pierre Laÿs est florissante et d’envergure internationale. Ses tableaux ont figuré aux expositions internationales de Londres en 1851, de Paris en 1855 et de Genève. Il a reçu de multiples récompenses aux salons de Lyon, de Marseille, de Dijon, de Troyes, de Nîmes et de Bayonne.
A la fin du mois de mai 1877, le tableau est acheté par un riche amateur lyonnais Auguste-Antoine Genin, en vue de sa donation éventuelle au musée de Grenoble. Onze ans plus tard, on le retrouve exposé place des Terreaux à Lyon, dans la galerie de Charles Dusserre : « Son prix était tel qu’il ne pouvait tenter qu’un de ces heureux millionnaires qui ne savent que faire de leur fortune. Comme François Millet (sic), qui eut tant de peine à vivre et dont les toiles atteignent aujourd’hui des prix étourdissants (…) » d’après le biographe de Jean-Pierre Laÿ, Aimé Vingtrinier, imprimeur et écrivain renommé.
Les compositions de Jean-Pierre Laÿs captivent toujours par leur degré de complexité et de perfection. Le peintre dont la vie pieuse fut entièrement dédiée à son art s’éteint à son domicile rue sainte Hélène à Lyon, âgé de 62 ans.
Provenance :

Vendu par l’artiste au lyonnais Auguste-Antoine Genin fin mai 1877, en vue de sa donation éventuelle au musée de Grenoble (cf. André Laÿs, Les Laÿs vus par un Laÿs, 1982, p. 130).

Galerie Charles Dusserre à Lyon fin 1888 (cf. Aimé Vingtrinier, Lays, peintre de fleurs, Lyon, H. Georg, 1889, p. 51-52, p. 80).
Expositions :

Exposition universelle et internationale de Lyon, Palais Saint-Pierre, 1872, n°69 Le Bien et le mal.

Exposition universelle de Vienne (Autriche) en 1873, n°413 Das Gute un das Ueble (Obst).

Salon de peinture et de sculpture … de Paris, en 1874, n°1108 : Le Bien et le Mal ; – les bons et les mauvais fruits.

Exposition de la Société des Amis des Arts d’Avignon, en 1876, n°111 : Le Bien et le Mal , représenté par les bons et les mauvais fruits.

Exposition municipale des Beaux-Arts de Rouen, en 1876, n°313 : Le bien et le mal (les bons et les mauvais fruits)
Œuvres en rapport :

Esquisse peinte sur carton, c. 1871, 33 x 25 cm, collection particulière, reproduite en noir et blanc dans le catalogue d’exposition Les peintres de l’âme : art lyonnais du XIXe siècle, Lyon, musée des Beaux-Arts, 1981, p. 183, n°90.

Grande aquarelle préparatoire, collection particulière, reproduite dans l’article Elisabeth Hardouin-Fugier, « Simon Saint-Jean et le symbolisme végétal », Bulletin des Musées et Monuments lyonnais, 1977, n°4, planche 15.

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