Le Marché aux Puces

Le marché aux Puces de Paris Saint-Ouen est la plus importante concentration d'antiquaires et de brocanteurs du monde, totalisant plus de 5 millions de visiteurs par an parmi lesquels on croise beaucoup de touristes étrangers et même très souvent des célébrités.

Cinquième site touristique de France situé à une porte nord de Paris en face du 18ème arrondissement, il se tient tous les samedis, dimanches et lundis.

Sept hectares forment l’ensemble du Marché aux Puces, qui est à ce jour constitué de douze marchés couverts (Antica, Biron, Cambo, Dauphine, l’Entrepôt, Jules-Vallès, Malassis, le Passage, Paul Bert et Serpette, l’Usine et Vernaison), de cinq rues commerçantes Pucières (Rue Jules Vallès, Rue Lecuyer, Rue Paul Bert, Rue des Rosiers et l’Impasse Simon) et de déballage marchand sur les trottoirs, avec chacun et chacune une identité propre, formant un ensemble pittoresque et convivial.

C’est une expérience originale du Paris populaire, une promenade riche de surprises et une mine d’or pour les amateurs de pièces vintage ou d’antiquités...

Informations pratiques

Les Marchés sont ouverts tous les week-ends de l'année, du vendredi au lundi aux horaires suivants :

Vendredi de 8h à 12h
Samedi 10h à 18h
Dimanche 10h à 18h
Lundi 11h à 17h

Vous pouvez venir aux Puces en MÉTRO :

1. Par le Métro Garibaldi (ligne 13), traversez le square le long de l'église, vous arrivez rue des Rosiers, prenez la droite, les Puces sont à 700 mètres.
2. Par le Métro Porte de Clignancourt (ligne 4), traversez le Boulevard des Maréchaux vers Saint-Ouen et passez sous le périphérique pour arriver aux Puces par la rue des Rosiers.
3. Par le Métro Porte de Saint-Ouen (ligne 13), longez le périphérique coté Saint-Ouen vers la P.te de Clignancourt jusqu'à "la Boule" vous êtes aux Puces. (Privilégiez plutôt le Métro Garibaldi si vous prenez la ligne 13).

Vous pouvez également venir en BUS pour un trajet plus agréable :

1. Le Bus 85 vous amène au cœur des Puces, arrêt "Marché aux Puces" ou "Paul Bert".
2. Avec le Bus 95, vous descendez au terminus "Porte de Montmartre", passez sous le périphérique vers Saint-Ouen.

Survolez un marché pour visualiser son plan détaillé

L'histoire des Puces

Le plus grand marché d'antiquités au monde

L’origine du Marché aux Puces de Paris - Saint-Ouen remonte aux années 1870, il y a près de 150 ans, lorsque, chassés de Paris, les récupérateurs vinrent s’installer de l’autre côté des « fortifs ». Néanmoins, la date de naissance officielle des Puces est 1885. Un droit de stationnement est désormais requis auprès des Puciers par la ville de Saint-Ouen afin de pouvoir exercer leur activité. Issus des biffins et des fripiers, certains deviendront brocanteurs ou d’autres antiquaires.

Le Marché aux Puces puise ses racines à l’aune du métier de chiffonnier. Une corporation recensant environ 11000 personnes, brassant 75000 kilos de marchandises, à la fin du XIXème siècle.

Remise en question après que le Préfet Eugène Poubelle eut imposé en 1883 aux Parisiens l’usage de bidons à ordures en fer dotés de couvercles hermétiques. Mais le Préfet, indulgent, leur concédera de venir entre minuit et 5h00 du matin pour fouiller, ce que tout le monde appelait déjà les poubelles. Ce butin était ensuite déballé Porte de Clignancourt, alors zone de servitude militaire inconstructible, située au delà des anciennes fortifications.

Chassés donc du centre de Paris, les chiffonniers trouveront alors refuge à Clignancourt à cheval entre Saint-Ouen et Paris, desservi par le chemin de fer de la petite ceinture et par deux lignes du nouveau métropolitain. Leur marché de « Peu » s’installera entre guinguettes, buvettes, cirques, et autres étals forains. En 1898, une réglementation précisait qu’un brocanteur était :

« Revendeur de vieux meubles, hardes, livres, bijoux, vaisselles et autres objets et marchandises de hasard ».

Très vite, ce petit village sera arpenté par les Parisiens des beaux quartiers et les mondains de la Belle Époque qui accouraient chaque dimanche matin, marchander un incroyable bric à brac d’où surgissaient déjà des trésors. Tandis que nos chiffonniers forment leur premier syndicat, la presse de l’époque se fera l’écho de cette vie parallèle « Cette cour des miracles pittoresque, cette jungle où se mêlent apaches et bourgeois snobs ». Ne pas chercher plus loin les véritables origines du Marché aux Puces, expression restée anonyme et apparue vers 1904. En 1910, la renommée des Puces sera définitivement lancée par la revue satirique « L’assiette au beurre » qui leur consacra un numéro entier illustré par la figure du Poulbot. La légende pouvait commencer…

En effet, le métropolitain arrivera dans les premières années du 20e siècle, participant à faire des Puces un lieu de déambulation dominicale très apprécié des Parisiens. Petit à petit, lassés de remballer leurs marchandises après les jours de marché, les brocanteurs vont s’organiser et s’installer dans de nouveaux « marchés en dur ». Lors de la démolition des fortifications en 1920, les Puces, qui ont gagné une majuscule au passage, déménagent pour se réorganiser à Saint-Ouen. Indélogeables bien que précaires, les Puces restent en équilibre grâce à leur succès. La semaine anglaise qui impose l’idée du week-end a multiplié par deux la fréquentation, en autorisant l’ouverture le samedi et le dimanche.

Apparaissent alors les premiers marchés clos, le pionnier ouvrira en 1920 : ancien concessionnaire du stationnement aux Halles de Paris, loueur de chaises des jardins publics, Romain Vernaison qui possède à Saint-Ouen un terrain de 12 000 m2 où sont stockés des sièges imagine d’y construire des cabanes préfabriquées pour les louer à 150 brocanteurs.

Suivra Biron, inauguré en 1925 par l’Union des Brocanteurs de Saint-Denis, expulsé de la zone de Clignancourt : surnommé les « Belles Puces » avant de mériter son surnom de « Faubourg Saint-Honoré des Puces ». Biron fut la première foire à la brocante de Saint-Ouen et aussi le premier marché des Puces à vendre des objets anciens restaurés. Plus chic donc, fréquenté par le tout Paris de la Mode et des Arts, Biron lancera l’Art Primitif Africain. Cette même année 1925, par décision municipale, les Puces fonctionnent du Samedi au Lundi. L’amicale des marchands compte 120 membres quand les Puces rameutent 300 Puciers libres autour du Marché.

En 1938, Amedeo Cesana, marchand Vénitien, ouvre à son tour le Marché Jules Vallès. À la libération, les Puces restent « cette zone d’ombre en lisière de la Ville Lumière ». Un entassement de baraques où rien n’est assuré contre le vol et le feu. En 1942, sur un terrain réservé à la culture des fruits et légumes, concédé à vie par Monsieur Bourdin à Monsieur Malik, celui-ci poursuivra l’horticulture et par la suite, créera le Marché qui portera son nom afin d’y vendre des fripes et des vêtements anciens, tout en y ajoutant du streetwear et des baskets, marchandises qui ont aujourd’hui ont pris le dessus sur l’ancien. En 1946, le marché des Rosiers alors fief de la débrouille surgit dans un ancien garage.

Puis Paul Bert innove avec ses 200 stands de 12m2 et sera reconstruit en dur en 1954. De plus, les déballages hebdomadaires de trottoir les vendredi, samedi, dimanche et lundi s’organisent et prennent de l’importance, ce qui accentue le côté populaire des Puces et crée le lien entre les marchés.

À cette époque, le marché aux Puces étalé sur 4,5 hectares dont 2,8 occupés par les marchés privés : Vernaison, Biron, Jules Vallès, Paul Bert etc. redevient une attraction irrésistible. Le recyclage y est souverain, augmenté par la manne des stocks américains. Les biffins ont prospéré, devenu « curiosité fantastique », les Puces accueillent désormais de vrais antiquaires établis. La clientèle également internationalisée suit, de plus en plus huppée.

À la charnière des années 60/70, les Puces font vivre, hors marchands, 2800 personnes dont 400 artisans habitant Saint-Ouen ou dans les environs. L’ouverture des nouveaux marchés, Cambo, Marché des Rosiers, Hall de la Brocante et Allée Verte, fera passer la surface d’occupation à 7 hectares. En 1977, Alain Serpette, fils de Pucier, ouvre à son tour, un nouveau Marché : Serpette, Marché couvert.

De 1985 à 1995, le regroupement des Puces vers la Porte de Clignancourt amène la disparition de quelques marchés - le Hall de la Brocante situé rue Lécuyer, l’Allée Verte, Rue Jules Vallès et « les remises » de la rue Lécuyer. Deux nouveaux marchés s’ouvrent  en compensation: « Malassis » réservé aux Antiquaires et doté d’un parking en sous-sol, est ouvert en 1989. Et deux ans plus tard, en 1991, le Marché Dauphine accueille sur deux étages, 150 stands dans une structure à la Baltard.

 

Le Marché aux Puces de Saint-Ouen

En 2001, l’Association « Défense et Promotion des Puces » créée en 1995 réussit à faire classer les Puces en ZPPAUP : le Marché aux Puces de Saint-Ouen devient l’un des premiers sites de France classé en Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager au titre de son ambiance et de son atmosphère. Ce classement vise à protéger l’identité de chacun des marchés constituant les Puces, il est aussi chargé de protéger l’activité Pucière dans sa globalité et ses spécificités.

Les puces, c’est la plus grande concentration de marchands d’Art au Monde (1100 antiquaires, brocanteurs et galeries d’art), ce qui leur vaut le surnom de « Grenier du Monde », et l’un des lieux touristiques majeur de France, qui participe de manière importante au renom de Saint-Ouen, de Paris, et du Pays. Avec plus de 5 millions de visiteurs par an, et une fréquentation culminant à 150 000 personnes certains week-end, c’est la quatrième ou cinquième destination touristique Française (après Euro-Disney, Notre Dame, Le Louvre, la Tour-Eiffel), sur un territoire de 7 hectares. C’est un haut lieu de la Culture et de l’Histoire, certes éphémère parce que toujours renouvelé, mais aussi de transmission de savoir-faire et de connaissances, y compris dans le domaine des métiers d’art.

Les Puces de Paris Saint-Ouen - Paris Bohème, 1961 Les Puces de Saint-Ouen, 1941

C’est en effet une multitude d’artisans : ébénistes, bronziers, marbriers, verriers, restaurateurs de céramique, lustrerie, restaurateurs de tableaux etc. qui assurent l’entretien et la sauvegarde du patrimoine artistique de la France, ce qui permet par conséquent de préserver aussi le savoir-faire de toutes ces professions. On estime que 3000 emplois dérivés dépendent du site des Puces (Artisans, fournisseurs multiples et variés, hôtellerie, restaurants et bistrots etc.)Lieu de traditions, les Puces abritent le temple du jazz manouche, la « Chope des Puces », où officiait le célèbre Django Reinhardt et des concerts de rock au Picolo et au Roi du Café. « Chez Louisette », nous pouvons écouter le tour de chant de gouailleuses reprenant Piaf depuis plus de quarante ans ! De tous temps, les Puces ont inspiré de grands noms des arts et de la littérature, citons André Breton, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Robert Doisneau, Pablo Picasso, César, Willy Ronis, Woodie Allen ou encore Thomas Dutronc. La célèbre Goulue de Lautrec, qui fit les grands jours du Moulin Rouge, a vécu aux Puces, ainsi que Charles Aznavour dont les parents avaient une échoppe.

La gastronomie a aussi toute sa place aux Puces où une quarantaine d’établissements sont là pour accueillir les visiteurs de passage.

Le MAP (Marché Aux Puces), association relevant de la loi de 1901, a pour vocation de fédérer les brocanteurs, les antiquaires, les galeries d’arts, les propriétaires de marché et les artisans et elle intervient comme relais auprès des collectivités et des partenaires. Elle développe plusieurs actions afin de sauvegarder, développer et promouvoir les Puces.

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